On l’imaginait déjà fini, poussé vers la sortie par une tempête médiatique d’une violence rare. Alors que l’élection pour la présidence de la FIFA se profile en mars 2027, Gianni Infantino paraissait tétanisé après l’abandon forcé de son projet d’ouverture du capital de la Coupe du monde à des investisseurs privés. Erreur. Le dirigeant italien contre-attaque avec une énergie déroutante, distribuant les sanctions tout en verrouillant son pouvoir.
Tempête à la FIFA : le montage financier qui a tout déclenché
En révélant son intention de céder 20 % des droits commerciaux de la Coupe du monde à une filiale détenue par Thrive Eternal, Gianni Infantino a mis le feu aux poudres. Ce fonds d’investissement américain est dirigé par Joshua Kushner, frère de Jared, le gendre de Donald Trump. De quoi nourrir la suspicion : le football mondial serait-il en train de devenir un terrain de jeu pour des proches du pouvoir américain ?
Face à la levée de boucliers, Infantino a dû faire marche arrière. La FIFA s’est fendue d’un mea culpa, tout en martelant son soutien indéfectible à son président. Un aveu de faiblesse qui n’a pas suffi à éteindre la controverse. Les critiques se concentrent désormais sur les méthodes et sur la gouvernance d’un homme qui apparaît de plus en plus solitaire.
Une gouvernance d’Infantino sous suspicion
Le projet avorté n’était pas qu’une opération financière. Il révélait une manière de diriger à l’opposé des règles de transparence qu’exigent les instances sportives. Plusieurs fédérations, notamment européennes, ont dénoncé un conflit d’intérêts structurel entre les fonctions de président et les intérêts privés de son entourage.
L’UEFA ne s’y trompe pas et maintient son opposition frontale. Certaines voix réclament une refonte en profondeur de la gouvernance de l’instance, tandis que d’autres, plus prudentes, attendent de voir comment le rapport de force va évoluer.
La contre-attaque : Infantino joue son va-tout
Loin de se laisser abattre, le patron de la FIFA a choisi la méthode forte. Il a convoqué ses derniers soutiens au Maroc pour une réunion marathon de sept heures. Objectif : montrer sa force et s’assurer qu’aucune tête ne dépasse. Plusieurs fédérations, dont celle de Tahiti, ont apporté leur appui sans conditions – une docilité qui interroge sur la nature des échanges.
Kevin Lamour, premier opposant purgé
Le signal le plus fort est venu lundi soir. Gianni Infantino a limogé son numéro trois, Kevin Lamour. Ce Breton avait eu l’audace de déclarer à l’Associated Press que le projet était « celui d’une seule personne ». Un pamphlet qui lui a valu un licenciement sec. Pourtant, il avait prévenu : « Si cela signifie que je perds mon emploi, qu’il en soit ainsi. » Il a été exaucé.
Cette purge envoie un message clair à tous les cadres de la maison : toute opposition sera payée cash. Reste que cette brutalité ne résout rien sur le fond, elle l’aggrave même.
Les principaux points de friction
- ⚽ La vente partielle de la Coupe du monde à des investisseurs privés
- 💼 Le rôle du fonds Thrive Eternal et de la galaxie Kushner
- 🗳️ L’élection de mars 2027 et la fragilisation des soutiens
- 🚨 Le limogeage de Kevin Lamour, perçu comme un coup de force
- 🏆 L’opposition de l’UEFA et le retrait du soutien de la fédération écossaise
Vers une élection à haut risque en 2027
À huit mois du scrutin, rien n’est joué. La fédération écossaise a retiré son soutien au président sortant, un camouflet qui pourrait faire tâche d’huile. L’UEFA, elle, semble déterminée à empêcher la réélection de Gianni Infantino. Le dirigeant italien multiplie les tournées, tente de solidifier ses appuis en Afrique et en Asie, mais le temps joue contre lui.
Si la tempête semble s’apaiser après l’abandon du projet, la défiance, elle, est toujours là. Chaque déclaration, chaque sanction, chaque voyage est scruté. La grande question demeure : un homme seul peut-il encore contrôler une institution aussi puissante que la FIFA ? Les prochains mois apporteront une réponse définitive.

Florian a grandi entre Lyon et Casablanca, deux villes qui lui ont appris à lire le monde sans filtre. Dix ans de terrain en presse écrite et web l’ont rendu allergique au jargon et amoureux des faits bruts. Il couvre aussi bien l’actu politique que les derniers modèles du salon de l’auto.